POURQUOI MON ATELIER S'APPELLE BACI DI LUNA

Dans mon métier d'auteur-illustrateur, dessinateur de presse, auteur de livres pour enfants, séries de films d'animation, concepts et créations pour la petite enfance, les animaux ont eu et ont une place très grande, je dirais même fondamentale. Je ne me souviens pas d’une minute de ma vie d'enfant, sans un chien, un chat, une souris, que je ramassais en pleurs dans les rues. Des animaux souvent blessés, abandonnés, écrasés, et que je rapportais en courant à ma maman Nelly pour qu’elle les sauve, d’un coup de baguette magique, comme elle savait si bien le faire...

J'ai passé toute ma vie d'enfant, enfant rieur, mais solitaire, avec mes chiens, dont je m'occupais d'ailleurs merveilleusement bien. Cette passion profonde me fut transmise par une grand-mère aristocrate, Giuseppina Conti, avec voilette et des yeux merveilleux toujours perdus dans « les branches de Sassafras » et par une mère, Nelly, volcan exubérant, qui accueillait et soignait les êtres humains, mais également les chouettes, les hiboux, les ratons laveurs, les hérissons, les chats, les chiens et les canaris, dont notre maison de Muralto-Locarno était pleine... Au grand dam de mon papa, Giuseppe, contraint et forcé, probablement trop souvent, a partagé son lit conjugal avec toutes sortes de petites bestioles...

Ces animaux ont beaucoup aidé mon enfance, ils ont comblé une mélancolie profonde, un vide de tendresse. C'est très probable... C’est même certain. Et alors ? Je laisse avec grand plaisir, aux analyses savantes d'amis psychanalystes, le soin de cogiter sur mon cas si emblématique, mais tellement répandu.

Je ne suis pas, par contre, et je tiens à le souligner avec force, « une ayatollah fondamentaliste des humains animaux » qui oublie la souffrance des humains bipèdes. Non, certes pas. Car malgré beaucoup de déceptions, mais une ironie intacte sur l’humanité « quelque peu défaillante », je les aime.  Enfin, pas tous… Il y en a même, je vous l’avoue humblement, que je déteste cordialement.

Gabriella Verna

MANIFESTE DE 24 INTELLECTUELS (Le manifeste sur le site de 30 Millions d’Amis)

D’Alain Finkielkraut à Elisabeth de Fontenay en passant par Michel Onfray, 24 intellectuels de tout poil demandent que le Code civil reconnaisse enfin les animaux comme des êtres « vivants et sensibles ».

Voici leur texte: Le Code civil a été rédigé en 1804. Son article 528 dé nit les animaux comme des « biens meubles », au même titre qu’une table de nuit, une étagère ou une cocotte-minute. Il est temps de revoir ça, affirment vingt-quatre philosophes, historiens, écrivains, scientiques et essayistes dans un manifeste soutenu par la Fondation 30 Millions d’Amis: Pour une évolution du régime juridique de l’animal dans le code civil reconnaissant sa nature d’être sensible.

Les animaux sont encore définis par le Code civil comme des choses, sur lesquelles l’homme peut par- conséquent exercer un droit absolu. Nous n’ignorons pas que toute tentative de faire évoluer cette classification se heurte à la force des habitudes et soulève invariablement des objections d’ordre économique. Nous l’ignorons d’autant moins que c’est le cas chaque fois qu’est réclamée la légitime considération due à un groupe exploité ou opprimé. Certes, les animaux ne sont pas des êtres humains. Ce n’est pourtant pas la proclamation d’une dignité métaphysique, mais certains attributs - capacité à ressentir le plaisir et la douleur notamment - que les humains partagent avec au moins tous les vertébrés, qui enracinent les droits les plus fondamentaux.
Et bien que dans diverses réglementations françaises et européennes les animaux soient reconnus pour leur qualité d’« êtres sensibles », encouragées en ce sens par les progrès de la connaissance scientifique, ils demeurent de manière de plus en plus contradictoire des biens meubles dans notre Code civil. Pour que les animaux béné cient d’un régime juridique conforme à leur nature d’êtres vivants et sensibles et que l’amélioration de leur condition puisse suivre son juste cours, une catégorie propre doit leur être ménagée dans le code civil entre les personnes et les biens:

Christophe André, psychiatre et psychothérapeute; Florence Burgat, philosophe; Didier van Cauwelaert, écrivain; André Comte-Sponville, philosophe; Boris Cyrulnik, éthologue et neuropsychiatre; Didier De- coin, de l’Académie Goncourt; Philippe Devienne, vétérinaire et philosophe; Luc Ferry, philosophe; Alain Finkielkraut, philosophe; Elisabeth de Fontenay, philosophe; Irène Frain, écrivain; Marie-Angèle Her- mitte, de l’Académie française; Jacques Julliard, historien et journaliste; Frédéric Lenoir, philosophe et écrivain; Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit; Edgar Morin, sociologue et philosophe; Michel Onfray, philosophe; Erik Orsenna, de l’Académie française; Pierre Rahbi, philosophe; Hubert Reeves, astrophysicien et président de Humanité et Biodiversité; Matthieu Ricard, docteur en génétique cellulaire; Danièle Sallenave, de l’Académie française; Enrique Utria, philosophe; et Frédéric Vito.

 

« La corrida, ni un art, ni une culture ; mais la torture d'une victime désignée ». Émile Zola, écrivain

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